vendredi 20 juillet 2018

Pourquoi la flûte à bec : les arguments (5)

5. On peut jouer de plusieurs flûtes à bec à la fois

Enfin quand je dis plusieurs, c'est deux maxi, vu qu'on n'a en général que deux mains.

Mais c'est quand même extraordinaire, non ? Quel autre instrument permet ça ? Imaginez-vous pouvoir jouer de deux violons à la fois, de deux pianos à la fois, de deux trombones à la fois ? Eh bien de deux flûtes à bec, c'est possible, et il y a même de la musique écrite spécialement pour ça !

Je connais seulement deux pièces pour deux flûtes et un seul flûtiste, qui sont des œuvres contemporaines mais aussi des "classiques" du cursus des conservatoires : Ende de Louis Andriessen, et Diaulos de Bruno Giner.

Je trouve que la difficulté n'est pas, comme on pourrait le croire, de réussir à faire entrer deux becs dans une seule bouche - dans la mesure où on reste raisonnable quand même. La mienne étant de dimension modeste, mon maximum est alto + soprano comme dans Diaulos, mais Ende est écrite pour deux altos. Je ne pense pas qu'on puisse aller beaucoup au-delà (une alto + une ténor ? une ténor + une basse ?). En ce qui me concerne, le vrai challenge est de dissocier ma main gauche de ma main droite pour jouer des notes différentes. Dans le jeu normal avec une seule flûte, les deux mains font des choses différentes mais coopèrent pour jouer une seule note, ce qui est fort différent.

Ende a été composée en 1981 par Louis Andriessen, pour deux flûtes à bec alto jouées par un seul flûtiste.
Louis Andriessen (à ne pas confondre avec son père Hendrik, son frère Jurriaan, sa sœur Cæcilia et son oncle Willem, tous compositeurs) est un compositeur néerlandais né en 1939 à Utrecht.
Après avoir expérimenté le sérialisme, Andriessen se réfère plutôt au jazz, à Stravinsky, au travail rythmique des répétitifs américains (fondé sur la répétition de très courts motifs mélodiques, harmoniques ou rythmiques, voire sur la répétition d'un son unique, ce qu'on retrouve d'ailleurs dans Ende), et cherche à retrouver une harmonie consonante ou polytonale (superposition de deux ou plusieurs éléments musicaux appartenant chacun à une tonalité différente).  Louis Andriessen est aussi attiré par l'opéra.

Ende étant dédicacée à Frans Brüggen, il était normal que je choisisse d'abord sa version bien qu'on ne puisse pas l'y voir jouer,  de plus la photo est mal choisie puisqu'il n'y a qu'une seule flûte.



Après la plus brillante, voici la plus drôle, celle du quatuor Sirena que vous connaissez déjà. Vous aurez en prime le Largo et le Spiccato du concerto en Ré mineur RV 565 de Vivaldi, et Ende commence à 3:31.



Bruno Giner est un compositeur français né à Perpignan en 1960. Je ne sais pas du tout en quelle année il a composé Diaulos, en tous cas je l'ai entendue jouer pour la première fois en 2007. Je suppose que le titre de la pièce fait référence à l'aulos des grecs, qui était par contre un instrument à anche mais se jouait généralement par paire (ici).

Je n'ai trouvé qu'une seule vidéo, qui n'est pas de très bonne qualité, mais ça vous donnera une idée :



Bien sûr, rien n'empêche de jouer d'autres styles de musique avec deux flûtes, je pense d'ailleurs que ça se prête plutôt très bien à la musique médiévale.

Alors autant vous dire qu'en explorant le ioutoub à la recherche de bi-flûteries inconnues, je suis allée de frappadingue en frappadingue surprise en surprise et je me suis bien amusée... je vous fais partager !

Le spécialiste du genre a l'air d'être le néerlandais Hein Zegers. Vous trouverez plein de vidéos sur ioutoub, je vous mets mes deux préférées. Il "triche" un peu en bouchant les trois trous main gauche de la flûte de droite avec du ruban adhésif, et je suppose que du coup il est obligé d'utiliser des doigtés alternatifs sur cette flûte et ça sonne parfois un peu faux. Mais quand même, il se débrouille !




Je vous présente maintenant le génialissime Jean-Pierre Poulin, inventeur de la flûte multi-fonctions (à voir absolument ici, personnellement je ne m'en suis toujours pas remise) :



Juste par curiosité, la version nasale, mais je ne vous en voudrai pas si vous ne tenez pas jusqu'au bout :



Finalement, au fil de mes recherches, toutes mes certitudes auront volé en éclats. Tout d'abord, on peut aussi jouer de deux saxophones à la fois, du moins je le présume car je n'ai pas réussi à trouver une vidéo de cet Ende aux saxos, juste une photo :

http://laurentestoppey.blogspot.com/

Et, last but not least, l'autrichien Arnulf Zeiler joue de TROIS flûtes à la fois 😮😮
Bon, il triche un peu, il utilise celle de gauche comme bourdon sur une seule note. Mais quand même.



Sur le même thème : les arguments (1)
                                 les arguments (2)
                                 les arguments (3)
                                 les arguments (4)

vendredi 13 juillet 2018

Séquence nostalgie

J'ai eu envie de réécouter Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau, et cela m'a transportée une bonne dizaine d'années en arrière. J'ai commencé l'apprentissage de la flûte à bec avec l'alto en 2006, et j'ai ajouté l'année suivante la soprano. J'aurais pensé me mélanger les doigts et les neurones entre les deux, mais finalement ce n'est pas si compliqué, ce sont les mêmes doigtés, mais qui produisent des notes différentes : une quinte au-dessus à la soprano, donc le doigté du Fa à l'alto donne un Do à la soprano. Une fois ce concept assimilé, il y a un système de bascule mentale qui se fait automatiquement quand on change de flûte, et pour ma part mes doigts choisissent les bons doigtés en fonction de la taille de la flûte qu'ils tiennent : si elle est grande, les doigtés d'alto, si elle est petite, les doigtés de soprano. Il y a juste un petit bug avec la ténor, comme elle est grande, j'ai tendance à jouer les doigtés d'alto (et ceux de soprano à la sopranino mais je m'en sers rarement).

Toujours est-il qu'à l'audition de fin de cette 2ème année de flûte à bec et de 1ère année de soprano, j'ai joué l'Air pour les Esclaves Africains, extrait des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau, et que j'ai adoré le faire !

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) est un compositeur français et théoricien de la musique. Son père était organiste à Dijon, et il paraît que le petit Jean-Philippe connaissait le solfège avant de savoir lire et écrire. Il est célèbre (sans parler de sa musique elle-même) pour ses traités d'harmonie qui font toujours référence aujourd'hui en ce qui concerne l'harmonie classique, et pour son hostilité à l'influence de la musique italienne qui donnera lieu à la fameuse Querelle des Bouffons qui l'opposera en particulier à Jean-Jacques Rousseau. 
Une autre querelle l'avait déjà opposé à Lully suite à la parution d'Hippolyte et Aricie, ou en tous cas avait dressé les "lullistes" contre les "ramistes", les premiers étant scandalisés par les excès de la musique de Rameau, trop riche et trop "envahissante" par rapport à la tradition de la tragédie lyrique initiée par Lully. L'enregistrement complet d'Hippolyte et Aricie par le Concert d'Astrée en 2012 est ici.

Les Indes Galantes est un opéra-ballet créé en 1735, qui répond à l’engouement du public de l’époque pour l’exotisme, « turqueries » et « perseries ». Le livret n’a pas de cohérence particulière, et sert surtout de prétexte à la danse et au spectacle. Il enchaîne quatre « intrigues galantes » qui emportent le spectateur « sur les rivages des Indes », c'est-à-dire tour à tour en Turquie, au Pérou, en Perse et en Amérique.

Je n'ai malheureusement pas trouvé d'enregistrement de l'Air pour les Esclaves Africains à la flûte à bec, ni d'ailleurs d'aucun autre extrait des Indes Galantes, à part des vidéos d'amateurs dont je vous ferai grâce (sans aucun mépris de ma part, je trouve déjà très courageux de s'enregistrer, moi-même j'en suis incapable).

Pour coller un peu au sujet qui nous rassemble ici, je vais d'abord vous faire écouter une jolie découverte : Le Rappel des Oiseaux joué à deux flûtes à bec. Il s'agit à l'origine d'une pièce pour clavecin issue d'un recueil paru en 1724. C'est la première "pièce de caractère" de Rameau : il ne s'agit pas d'une danse mais d'une pièce plutôt descriptive et imitative, et vous allez entendre que c'est très bien réussi ! Je ne connaissais pas ces deux flûtistes, Aik Shin Tan et Martin Bernstein, mais ça me donne envie d'en écouter davantage.


Je m'éloigne (à regret) de mon instrument de prédilection pour vous faire entendre un petit peu de ces fameuses Indes Galantes, quand même, et en premier lieu cet Air pour les Esclaves Africains. Attention, cette musique reste vraiment, vraiment dans la tête...

Une interprétation sur un tempo plutôt très vif par l'Orchestra of the 18th Century dirigé par Frans Brüggen (oui, lui-même, malheureusement il ne joue pas de flûte à bec ici). Je préfère moi-même jouer cet air plus lentement, certains passages m'évoquant vraiment ces esclaves traînant leurs chaînes. Ici, ils ont l'air plutôt guillerets et contents de leur sort !



Vous n'échapperez pas à un petit Jordi Savall. Cette version correspond mieux à ma vision des choses :


Une petite turquerie, pour rester dans le thème :


Je vous mets celle-ci aussi par l'ensemble Il Giardino d'Amore, rien que pour la joie et l'enthousiasme de leur interprétation (ça doit être la version où les esclaves sont libérés). Même la chanteuse est à fond alors qu'elle ne chante pas sur ce passage !


C'est bon, vous l'avez bien dans la tête ? Allez, une petite dernière pour être sûrs, au piano cette fois :


Je termine par un autre grand "tube", peut-être plus connu encore, de ces Indes Galantes, toujours par Il Giardino d'Amore, avec un ballet cette fois (on aimerait bien voir en vrai comment c'était au temps de Rameau, mais à défaut...) : la Danse du Grand Calumet de la Paix, plus connu sous le nom de Air pour les Sauvages.

samedi 7 juillet 2018

I Continenti

Jetant un œil dans ma cédéthèque, section "flûte à bec" (ça alors) (n'allez pas vous imaginer quelque chose de mirifique, à la fois la section en question et la cédéthèque tout entière sont de proportions tout à fait modestes), je retrouve un cédé que je n'avais pas écouté depuis longtemps - je me demande bien pourquoi.

Il s'agit, comme il arrive souvent avec les ensembles de flûtistes à bec, d'un assortiment de pièces allant du Moyen-Âge à l'époque contemporaine (en sautant toute la période classique-romantique-moderne évidemment), soit un échantillon de toutes les périodes du répertoire de notre instrument.

Il s'agit du cédé Banchetto Musicale du Flanders Recorder Quartet. Et là, je suis très embêtée, car plusieurs pistes s'offrent à moi... Vais-je écrire un article sur les banquets musicaux ? Sur le Flanders Recorder Quartet ?  Sur la musique de la renaissance avec Schein et Merula ? Sur les fugues de Bach ? Sur la musique médiévale ? Tous ces sujets sont fort intéressants, et même fort fort intéressants pour certains, et je ne manquerai pas de vous en parler un jour ou l'autre mais aujourd'hui, j'ai choisi un compositeur contemporain, Jan Van der Roost, et sa suite I Continenti qui figure donc sur le cédé.

Jan Van der Roost est un compositeur belge né en 1956, tromboniste de formation, qui compose pour les instruments à vent en général mais surtout pour les cuivres. Il se trouve qu'il a composé en 2002, dédié au Flanders Recorder Quartet pour son quinzième anniversaire, la suite I Continenti, images musicales de tous les continents sauf l'Europe, inspirées par ses nombreux voyages autour du monde.



Je vais vous en faire écouter deux :

Asia

Cette pièce est jouée sur des flûtes à bec baroques ténor, basses et contrebasse mais en style Shakuhachi.

South America

C'est ma préférée ! Il y revisite un thème des Andes bien connu que je ne vous ferai pas l'affront de nommer...



Il y a encore Océanie, Amérique du Nord et Afrique.


Une bonne partie de l'œuvre de Jan Van der Roost puise aux sources des musiques traditionnelles des pays qu'il a visités. Je pense que I Continenti est sa seule œuvre pour flûte à bec, il écrit plutôt pour les instruments à vents de l'orchestre d'harmonie, ce qui n'est pas trop ma tasse de thé mais je vous en donne quand même deux petits exemples ci-dessous. 

Rikudim, quatre danses du folklore israélien :




jeudi 5 juillet 2018

Le Fa dièse aigu

Suite à ma découverte de l'interprétation de la Fantaisie n°10 de Telemann par Stefan Temmingh et de ma réconciliation avec les aigus, j'ai eu envie de jouer cette Fantaisie.

J'ai donc désincarcéré sorti la partition de sa boîte et j'ai attaqué allègrement le début du premier mouvement "a tempo giusto". Ça se passait à merveille et je trouvais que ça sonnait plutôt bien (j'avais pris la 415 pour être justement moins agressive dans les aigus)......... jusqu'à ce que je me casse le nez le bec sur un Fa dièse aigu.

J'ai toujours lâchement zappé cette note, qui n'est pas du tout naturelle sur la flûte à bec. À l'époque baroque, je pense que personne n'aurait eu l'idée d'écrire un Fa # aigu pour la flûte à bec à moins d'être particulièrement sournois et malveillant. Mais comme ces Fantaisies ont été écrites pour la flûte traversière, puis transcrites pour la flûte à bec, on se retrouve avec des notes injouables délicates à jouer.

Le Fa # aigu se joue donc avec le doigté du Sol aigu qui est déjà en double fourche. Un doigté en fourche à la flûte à bec est un doigté avec un "trou" dans le bouchage des doigts, c'est à dire qu'au lieu de boucher trois trous consécutifs, on laisse ouvert celui du milieu. En soi ce n'est pas si compliqué, mais ça peut parfois être délicat à enchaîner avec d'autres notes. C'est d'ailleurs une des difficultés de la flûte à bec (avec l'articulation) puisqu'on n'a pas assez de trous ni de clés pour jouer toutes les notes : on s'en sort avec des combinaisons de doigts parfois acrobatiques. La prof de violon de ma fille m'avait dit une fois qu'elle avait commencé la flûte à bec étant jeune mais qu'elle avait arrêté à cause des doigtés : "c'est trop difficile". Ça m'avait bien fait plaisir d'entendre ça de la bouche d'une professionnelle du violon qui n'est pas réputé pour être un instrument facile (mais pas à cause des doigtés). 


Pour en revenir au Sol aigu, on a donc une fourche avec la main gauche ET une fourche avec la main droite, avec en plus le demi-trou du bas (les deux derniers trous sur une flûte à bec baroque sont doubles, ce qui sert en général à jouer les dièses : Fa grave = tous les trous sont bouchés, Fa # grave = on débouche un des deux de la paire du bas). On a l'habitude de dire "demi-trou" alors que c'est en fait un trou complet de la paire. Peut-être cela date-t-il de la Renaissance, où il n'y avait pas de doubles trous et où on devait boucher la moitié du trou unique, ce qui était encore moins pratique.

Pour jouer le Fa# aigu, en vertu d'un phénomène acoustique que je ne maîtrise pas du tout, il faut en plus boucher l'orifice inférieur de la flûte (le pavillon), bien évidemment pas avec les doigts car il nous faudrait une troisième main (qui pourrait se trouver au bout du troisième bras dont rêvent toutes les mamans). On utilise donc la cuisse ou le gras du mollet quand on joue assis.

On utilise la même technique pour le La et le Si bémol aigus (3ème octave), qu'il est encore plus rare de trouver sur une partition.

J'ai donc pris mon courage (et ma flûte) à deux mains et j'ai tenté l'aventure : ça ne s'est, ma foi, pas si mal passé. Il me reste maintenant à l'enchaîner entre le Sol médium et le Ré dièse médium, mais j'ai tout mon temps, c'est les vacances (musicales seulement) (j'ai aussi un peu de travail prescrit mais on peut varier les plaisirs).

Vous pouvez visionner la chose "en vrai" sur la vidéo ci-dessous. Le fameux Fa# est à 1:59 (il y en a deux autres dans le presto - argh 😨).



Si vous voulez en savoir un peu plus concernant ces Fantaisies pour flûte à bec, Sarah Jeffery de Team Recorder leur a consacré une vidéo. C'est en anglais mais même si vous n'êtes pas fluent, elle est assez facile à comprendre car elle est anglaise et articule très bien. D'une manière générale, j'aime beaucoup ses vidéos qui sont pleines de conseils et d'astuces bien utiles pour la pratique quotidienne. La Fantaisie n°10 est à 7:27.

dimanche 1 juillet 2018

La flûte Paetzold

Peut-être avez-vous déjà remarqué sur certaines vidéos de musique contemporaine pour flûte à bec, une sorte de gros instrument carré en bois de meuble.

C’est la flûte Paetzold !

Comme pour notre instrument familier, il y en a de plusieurs tailles qui se succèdent comme les flûtes à bec ordinaires, une en Fa, une en Do : Basse (en Fa), Grande Basse (en Do), Contrebasse (en Fa), Sous Grande Basse (en Do) et Sous Contrebasse (en Fa).

La flûte à bec carrée Paetzold a été conçue au milieu des années 1970 par le facteur de flûte allemand Joachim Paetzold (d'où son nom !).
Inspiré par l'orgue qui combine des tuyaux cylindriques et des tuyaux carrés, il eut l’idée, vers la fin des années 1950, de construire une flûte à bec carrée.
Il cherchait à développer un instrument jouable facilement sur deux octaves, avec une attaque rapide et surtout bon marché. Son prototype en contreplaqué donna un bon résultat, ce qui l’encouragea à continuer ses essais.
Au début des années 1970, il aboutit à une flûte carrée basse nettement améliorée, et il tenta en 1975 de développer une contrebasse, cette fois avec l’aide de son neveu Herbert. N'étant ni facteur d’instruments, ni même musicien, mais électrotechnicien et menuisier, ce dernier contribua au développement de la nouvelle flûte sans idées préconçues et sans être influencé par les traditions de la facture des flûtes à bec. En 1976, la première flûte carrée Paetzold fut brevetée et convainquit immédiatement les musiciens professionnels qui l’essayèrent : en 1977 Frans Brüggen commanda trois instruments pour son trio Sour Cream.

L'association des flûtes Paetzold avec des flûtes baroques peut être assez étonnante, non seulement visuellement mais aussi au niveau du son, je vous laisse juger avec ces trois "classiques" irlandais revisités :


On peut bien sûr théoriquement jouer n'importe quel style de musique avec une flûte Paetzold. Le claquement des clés lorsqu'on joue est assez déconcertant, cependant ce sont quand même des basses donc finalement, le fait de rajouter une sorte de percu à une ligne de basse ne doit pas être si gênant que ça. Par contre lorsqu'elles sont jouées en voix principale, je trouve ça assez... étrange.



Une pièce du compositeur allemand (que je découvre à cette occasion) Hermann Robert Frenzel, né en 1850 mais dont le style sur ce morceau tout au moins, est plutôt Renaissance. Elle est interprétée par le quintette néerlandais Seldom Sene (dont je vous reparlerai sans doute un jour) :



Mais c'est quand même le répertoire contemporain qui lui convient le mieux, car elle permet beaucoup plus d'effets sonores extravagants qu'une flûte baroque ou renaissance. Plusieurs compositeurs ont également écrit spécifiquement pour la flûte Paetzold. Je vous en donne un échantillon ci-dessous, moi franchement j'ai du mal mais comme avec une grande partie de la musique contemporaine pour flûte à bec :



Sur la vidéo suivante, vous pourrez voir une présentation de la sous-contrebasse, ce qui vous donnera de plus l'occasion de pratiquer votre anglais, puisque le Monsieur est allemand :


Pour les non-anglophones qui n'auraient pas tout compris, cette flûte mesure 2 mètres 46 de haut, c'est pourquoi le Monsieur en joue dehors car chez lui c'est bas de plafond. Vous pouvez voir que son tuyau est replié sur lui-même (partie haute), sinon elle mesurerait plus de 3 mètres

Si par hasard vous étiez intéressé par l'acquisition de l'une de ces flûtes (ce n'est pas donné, mais quand même moins cher que l'équivalent en flûte "traditionnelle"), il existe des modèles à la décoration relativement... audacieuse, voyez plutôt :



Pour nous remettre de nos émotions, terminons avec cette Chaconne des Africains de Lully, toujours avec Paul Leenhouts (dont je vous reparlerai sans doute un jour) et l'ensemble brésilien Quinta Essentia Recorder Quartet.