dimanche 30 janvier 2022

Flûtes à bec en terres inconnues

J'ai reçu ce matin un email qui a illuminé ma journée de bloguiste, de flûtiste à bec, de musicienne et de personne humaine en général.

La flûtiste à bec qui m'a envoyé cet email s'appelle Laura Pok, elle a créé avec Nathalie Houtman l'ensemble Laterna Magica dont je suis devenue fan absolue dans les minutes qui ont suivi leur découverte. Je vous reparlerai de leur univers et de leurs projets dans les jours ou semaines qui viennent, mais je souhaite vous faire découvrir tout de suite leur film Souffles Croisés - Flûtes à bec en terres inconnues dont voici la présentation :

1997. Au Volontariat de Pondichéry en Inde, quatre enfants découvrent la flûte à bec grâce à Anne-Marie Paillard qui a consacré 14 ans de sa vie à leur enseigner la musique. Vingt ans plus tard, Nathalie Houtman et Laura Pok, flûtistes à bec elles aussi, retracent leur parcours hors du commun. Un documentaire émouvant et optimiste qui témoigne de l'universalité de la musique au delà des barrières culturelles.

Ce film tout en sobriété est un concentré de lumière, de chaleur et d'humanité. Et une super pub pour notre instrument !


Pour citer Laura Pok et Nathalie Houtman : "Notre instrument, c'est un instrument tout bête, mais on l'aime !"

vendredi 7 janvier 2022

2022

On constate donc ces derniers temps que les années se suivent et se ressemblent quand même beaucoup, avec toutefois un peu plus de : cours en présentiel, musique d'ensemble, concerts, festivals... on ne va pas s'en plaindre même si la situation est loin d'être idyllique.

J'ai en ce qui me concerne pu renouer avec la musique d'ensemble au sein de mon nouveau conservatoire et ça fait vraiment, vraiment du bien de jouer avec des gens. Au programme de cette année j'ai donc : un spectacle en janvier pour les 400 ans de la naissance de Molière avec de la musique de Lulli, Didon et Ėnée de Purcell en avril, et possiblement l'examen de fin de 2e cycle en juin (tout finit - peut-être - par arriver : j'étais censée le passer en 2014).

Je ne prends aucune résolution en début d'année, mais j'espère pouvoir prendre un peu de temps pour faire (re)vivre ce blog avec un peu plus de deux articles par an...

mardi 12 octobre 2021

Les affaires reprennent

Il était bientôt temps de m'y mettre pour poster plus d'un article par an :-/

Pour 2021, je nous souhaitais "de pouvoir à nouveau bénéficier de cours humains, de jouer ensemble, d'assister à des concerts et des festivals, d'essayer des flûtes"... Voyons voir un peu tout ça en ce qui me concerne.

Pouvoir bénéficier de cours humains : ✔
Reprise des cours en live avant l'été 2021.

Jouer ensemble : ✔
Un concert-audition fin juin, accompagnée au clavecin.
Le Blokfluitdag 2021 ! Aussi référencé aux rubriques concerts et festivals.
Reprise de l'orchestre baroque au conservatoire.
Petit trio après mon cours hebdo.

Assister à des concerts : ✔
Deux concerts au Blokfluitdag fin août, un concert dimanche à l'église de mon village, un concert la semaine prochaine au Festival Baroque de Pontoise (Les Musiciens de Saint-Julien) (Hiiiiiii). J'aurais pu mieux faire mais mon nouvel habitat m'impose quelques restrictions.

Assister à des festivals : ✔
Le Blokfluitdag ! Cette année une seule journée avec un effectif limité à 40 flûtistes, mais une journée entière à jouer en ensemble, ça fait vraiment du bien !
J'aurais aussi pu aller aux Journées de la la flûte à bec à Grenoble et aux Polyfolies de la flûte à bec à Nantes, mais le temps et le budget qui me sont impartis cette année ne me l'ont pas permis.



Essayer des flûtes : ❌
Bon pour ça on repassera... On se demande un peu quand.

Niveau port du masque, on assiste quand même à des situations étranges et incohérentes.

Blokfluitdagen, 40 flûtistes, évidemment pas de masque pendant le jeu. Lors des déplacements, si. Lors des concerts une fois assis, non.

Orchestre baroque, port du masque. Mais les flûtistes non. Mais les cordistes oui. Mais les chanteurs non. Mais la chef d'orchestre oui.

Je viens d'intégrer une chorale à proximité de mon nouvel habitat : il faut chanter avec un masque. Le choriste moyen a déjà tendance à "baisser", ben là ça n'arrange pas les choses. Au niveau du souffle non plus. Et on ne sait même pas à quoi ressemblent nos cochoristes. La salle est pourtant suffisamment grande pour qu'on puisse prendre largement plus d'1m50 de distance, et question projection de virus, le choriste est un petit joueur par rapport au flûtiste à bec. M'enfin.

J'espère que de votre côté les affaires reprennent aussi. Enjoy, avec ou sans masque !

samedi 9 janvier 2021

2021

Pour 2021, je nous souhaite de pouvoir à nouveau bénéficier de cours humains, de jouer ensemble, d'assister à des concerts et des festivals, d'essayer des flûtes, bref de sortir de cette parenthèse sclérosante qui ressemble à une boucle sans fin,
Je souhaite à tous les professionnels liés de près ou de loin à notre instrument d'en sortir sans trop de dégâts et avec un enthousiasme renouvelé,
Je souhaite à tous les nouveaux flûtistes à bec qui ont commencé leur apprentissage cette année à distance beaucoup de joie dans la (re)découverte de leur instrument dans des conditions normales...

jeudi 8 octobre 2020

Les Polyfolies de la Flûte à Bec #1

J'étais le week-end dernier à la deuxième édition des Polyfolies de la Flûte à Bec à Nantes, une rareté en ces temps où tout est annulé depuis plusieurs mois et donc un vrai grand plaisir : 48 heures de concerts et autres divertissements autour de la flûte à bec et son univers.

Le festival est organisé par l'association Recordara, dont je vous invite à aller lire la page de présentation car elle résume parfaitement la situation déplorable dans laquelle se trouve notre instrument en France, et qui est également la raison première de ce blog.

L'association Recordara (magistralement présidée et très animée par Catherine Franco) a pour double but d'une part, grâce aux éventuels bénéfices du festival, d'acquérir des flûtes de facteurs pour les mettre à la disposition des flûtistes "de talent" (concertistes, étudiants de haut niveau) qui n'auraient pas les moyens de se les payer eux-mêmes, et d'autre part de faire connaître ce meeeerveilleux instrument qu'est la flûte à bec auprès du grand public, musicien ou non.

Recordara ne bénéficie d'aucune subvention et ne fonctionne que grâce au mécénat d'entreprises, aux dons de particuliers et aux bénéfices du festival.

Sauf imprévu impondérable incontournable, la 3ème édition des Polyfolies aura lieu du 1er au 3 octobre 2021.

♫♬♪


La guest star du festival cette année était Sabrina Frey, flûtiste à bec suisse germanophone qui enseigne à la Haute École d'Arts de Zürich et que j'ai découverte à cette occasion. 

source : sabrinafrey.com
Outre sa participation au concert d'ouverture du vendredi soir (“The crazy virtuosity of the Recorder and the Violin in the Italian peninsula”), elle donnait aussi plusieurs master classes de différents niveaux auxquelles on pouvait assister en tant que spectateur. Je n'ai pu aller qu'à celle du dimanche matin, destinée aux étudiants de 3ème cycle et aux professionnels. J'ai trouvé particulièrement intéressante la participation de l'ensemble Camerata Chiara sur une pièce entendue lors du concert de la veille (“La musique virtuose dans l’Allemagne des Lumières”). 

Lorsqu'on assiste à un concert, on pense entendre la version la plus aboutie des pièces jouées, sans forcément réaliser qu'elles sont bien sûr perfectibles. C'est étonnant de voir comme l'interprétation peut évoluer en quelques minutes avec les conseils d'un maître !

J'ai trouvé assez peu de vidéos pour vous faire écouter Sabrina Frey, et elles sont presque toutes assez mauvaises au niveau du son. Je vous mets celle-ci, vous pourrez vous faire une idée du jeu de la dame : ça ne rigole pas.


Sammartini était au programme du concert, mais pas avec cette sonate.


♫♬♪


Au programme de ce festival il y avait donc quand même 5 concerts (plus un conte - concert), 3 master classes, 2 conférences, un atelier et un salon de facteurs d'instruments anciens. Une conférence et un atelier ont été annulés, et il n'y avait qu'un seul facteur de flûtes à bec (Etienne Holmblat), mais avoir réussi à tenir ce festival malgré les conditions pour le moins contraignantes est un exploit en soi.

J'arrête là pour aujourd'hui, la suite au prochain article !

mardi 4 août 2020

Essayer une flûte à bec

src : robertmarleau.com
Un grand plaisir de flûtiste à bec est de souffler dans tout ce qui se trouve à sa portée rien que pour voir comment ça sonne, essentiellement sur les salons où jusqu'à présent on pouvait essayer joyeusement n'importe quelle flûte et renforcer son système immunitaire en s'exposant à toutes les bactéries et virus de ses congénères.

Pourtant pendant longtemps, je n'ai pas osé essayer une flûte à bec en public. Non que l'envie m'en fît défaut, mais j'aurais carrément eu honte d'exhiber mes maigres talents d'interprète, et puis, quoi jouer ?

J'ai acheté mes deux premières flûtes en bois sans les essayer, et je dois dire que j'ai eu de la chance car je ne l'ai pas regretté.

Ma première alto en bois sur un site de vente aux enchères, pour la modique somme de 70€ avec en bonus un paquet de partitions bien intéressantes. Je dois dire qu'elle valait largement son prix même si j'ai été limitée au bout de quelques années.

La seconde, une alto Aesthé 440 Hz de Jean-Luc Boudreau, qui m'a coûté nettement plus cher mais qui reste quand même une flûte d'étude, que j'utilise encore et qui est excellente.

Mais aujourd'hui, ça ne me viendrait plus à l'idée d'acheter une flûte sans l'essayer, même une flûte industrielle (à part une flûte en plastique comme la basse Thomann récemment acquise, ou en résine comme l'alto de Vincent Bernolin).

J'ai franchi doucement le pas avec les flûtes de Marie Hulsens, achetées deux années de suite sur un salon, où j'ai pu "tricher" : j'ai eu la possibilité de sortir de la salle et de m'isoler pour essayer tranquillement les instruments loin des oreilles indiscrètes, mais Marie savait que j'étais venue dans l'intention de repartir avec une flûte et m'en avait amené un échantillon dans ce but.

Et puis petit à petit, à force de fréquenter les stands de facteurs sur les salons et festivals, j'ai pu m'affranchir de cette timidité mal placée. Comment ? Je vais vous donner mes "trucs", pour ce qu'ils valent :

Stand de Margret Löbner aux Blokfluitdagen
- Ne pas se préoccuper de ce que les autres jouent. Un certain nombre de musiciens professionnels, et tout un tas de joueurs plus avancés que vous, sont au même endroit que vous et adorent aussi essayer des flûtes : ne cherchez pas à vous comparer. D'ailleurs, vous entendrez probablement des personnes moins avancées que vous et qui n'ont pas vos scrupules. Et dites-vous bien que les autres non plus ne vous écoutent pas !

- Connaître quelques petites pièces par cœur. Ça vous mettra à l'aise, vous saurez toujours quoi jouer, et jouer toujours la même chose vous permettra vraiment de comparer les instruments. Pour ma part je joue toujours les deux mêmes morceaux, un plutôt dans les graves et un plutôt dans les aigus afin d'explorer toute la tessiture de la flûte. Ça n'a pas besoin d'être ni virtuose ni compliqué, vous ne vous produisez pas en concert ! Je ne m'embête pas à transposer quoi que ce soit, j'utilise les mêmes doigtés quelle que soit la taille de la flûte.

- N'ayez pas de scrupule vis à vis du facteur ou du revendeur à essayer des flûtes sans intention d'achat. D'abord, tout le monde le fait, et puis le jour où vous aurez vraiment besoin d'acheter une nouvelle flûte, vous vous souviendrez sans doute de l'instrument qui vous avait séduit. D'autre part, je pense qu'un facteur est plus content que l'on entende sonner ses flûtes que de se morfondre derrière un stand désert.

- Si vous avez l'intention d'acheter une flûte, venez avec un.e ami.e qui vous écoutera jouer : vous entendez et vous ressentez l'instrument, mais une oreille extérieure entendra aussi si l'instrument et vous êtes faits l'un pour l'autre et pourra vous conforter - ou non - dans votre choix.

Voilà pour mes petits conseils, en espérant que nous pourrons bientôt avoir de nouveau le plaisir de souffler dans d'autres flûtes que les nôtres...