mercredi 30 mai 2018

Une dernière dose de Folie...

Après je vous laisse tranquilles avec ça, mais pour changer un peu (et bien que m'éloignant de mon sujet), je me suis mise en quête de versions "alternatives" de la chose. Je pensais trouver pléthore de vidéos délirantes impliquant toutes sortes d'instruments plus inattendus les uns que les autres, eh bien non ! N'étant cependant pas revenue complètement bredouille, je vous livre le résultat de mes recherches. On s'accroche, ça peut être... violent 😵

Commençons donc par le saxophone. L'association saxo / viole de gambe / théorbe / guitare peut surprendre, mais le résultat ne manque pas d'intérêt :



Pour les puristes, une version 100% sax :



Après cette petite mise en ouïe, attaquons directement la version mandoline(s)(ss)(ssssssssss). Attention, ça peut être assez violent par moments. Ce n'est pas grave si vous ne tenez pas les treize minutes, mais en tous cas ça a l'air très joli, la Macédoine.



J'ai hésité à vous épargner la version à la flûte de Pan, mais quand même rien que par curiosité, ça peut valoir le détour :



(Ah, il y a aussi une version violon / harpe / pinceau - pour écouter le dentiste, c'est par là : A Dentist Played Corelli La Folia part I (en fait la calligraphie est peut-être très belle et très poétique, mais cela restera un mystère pour moi...)


Une version à la nickelharpa (et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas du tout la seule) :



À la guitare basse, pas si mal je trouve (bon, ça demande quand même quelques secondes pour se faire l'oreille) :



Et la meilleure pour la fin (parfois, trois petites minutes peuvent paraître trèèèès longues…) (on note cependant un réel effort au niveau du décor) :



C'est fini ! Ça vous a plu ?

dimanche 27 mai 2018

Jean-Baptiste Loeillet de Gand

Errant de vidéo en vidéo sur un célèbre site de ... vidéos, je suis tombée par hasard (mais... le hasard existe-t-il ? c'est une piste sur laquelle je ne me lancerai ni ici, ni maintenant) sur une sonate qui m'a rappelé bien des souvenirs : la sonate n°1 pour deux flûtes à bec altos de Jean-Baptiste Loeillet de Gand (1688-1720) (à ne pas confondre avec Jean-Baptiste Loeillet de Londres (1680-1730), plus connu, lui aussi originaire de Gand, cousin de l'autre et renommé John Loeillet of London, ce qui nous rend bien service - et qui avait lui-même également tendance à être confondu avec Jean-Baptiste Lully à cause de la prononciation anglaise de son nom).

Jean-Baptiste Lœillet de Gand entra au service de l'archevêque de Lyon, où il demeura jusqu'à sa mort. Il a écrit environ quarante-huit sonates pour flûte à bec et continuo dans le style de Corelli. Et c'est à peu près tout ce qu'on sait de ce compositeur. Je voulais d'ailleurs mettre ici son portrait, mais le seul que j'aie trouvé me rappelait furieusement quelqu'un... ça a fini par me revenir, j'éviterai donc d'illustrer cet article avec le portrait de Jean-Baptiste Lully 😎

J'ai énormément joué cette sonate avec ma voisine quand j'habitais dans le sud de la France. Les deux parties se répondent sans cesse, c'est un vrai régal.



Je pense qu'à la base elle a plutôt été composée pour flûte à bec et continuo.
Je vais céder à mon penchant pervers pour la recherche de versions multiples (ce qui dans le cas présent ne devrait pas prendre des proportions trop inquiétantes) et vous faire écouter mes diverses trouvailles.


Une version pour flûte à bec, clavecin et violoncelle :

Largo

Allegro

Gigue



Et la petite dernière (je vous avais promis que ce ne serait pas long), une version flûte traversière et guitare que je trouve pas mal du tout :

vendredi 25 mai 2018

Petit voyage en Médiévalie

Le Palais des Rois de Majorque
J’ai découvert Pierre Hamon lors d’un concert "Méditerranée" au Palais des Rois de Majorque à Perpignan, dans le cadre du Festival de la Voix 2011.

J’ai eu par la suite l’occasion de le revoir et le réentendre à plusieurs reprises, à l’occasion d’une master-class au conservatoire de Perpignan accompagnée d’un concert dans le cadre du Festival de Musiques Sacrées... je ne sais plus en quelle année, et encore au Musée de Cluny à Paris (musée du Moyen-Âge) qui organise des concerts-rencontres en association avec le Centre de Musique Médiévale de Paris, petits concerts où l’on est proche des musiciens qui fournissent moult explications sur leur musique et leurs instruments, et à qui l’on peut poser des questions.

Pierre Hamon, flûtiste, est membre et cofondateur de l'ensemble Alla francesca dont il assure aujourd'hui la direction musicale conjointement avec Brigitte Lesne.
Son instrumentarium est constitué de flûtes médiévales, renaissances, baroques et comporte aussi de très nombreux instruments parfois atypiques issus des univers traditionnels : flûtes à bec ou traversières, simples ou doubles, flûtes de Pan (notamment le frestel médiéval), ocarinas, cornemuses, flûtes à trois trous et tambour...
Pierre s'est passionné tout jeune pour les répertoires les plus anciens tout en poursuivant des études de mathématiques et physiques avant de décider de s'orienter exclusivement vers la musique. Il est aujourd'hui professeur titulaire au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon. Simultanément à son travail avec Alla francesca, il poursuit aussi de nombreux autres projets, notamment en récital solo (mêlant le Moyen Âge aux musiques traditionnelles, la création contemporaine à l'improvisation), autour de l'œuvre de Machaut, et régulièrement dans des productions avec Jordi Savall ou d'autres musiciens venant des musiques traditionnelles ou improvisées. (http://cmm-paris.fr/fr/production-artistique/ensembles-et-artistes/pierre-hamon)

Je vais me limiter aujourd’hui au répertoire médiéval, j’aime moins ses créations contemporaines. Comme indiqué ci-dessus, il intervient souvent sur les cédés de Jordi Savall dans des répertoires très variés, mais nous aurons sans doute d’autres occasions d’en parler (étant donné que j’ai une certaine addiction pour les cédés de Jordi Savall).

Tout d’abord une interprétation à la flûte à bec (puisque c’est quand même l’objet de ce blog), d’un morceau traditionnel breton : Al Leanezig Izabel (*).



Ensuite une pièce ultra-connue de Guillaume de Machaut, Douce Dame Jolie (*), interprétée ici à la flûte 3 trous. Cette pièce est très facile à jouer à la flûte à bec (avis aux amateurs).



Comme la flûte n’a que 3 trous, une main suffit pour en jouer et on peut de l’autre se faire ses propres percus à l’aide d’un petit tambour que l’on porte accroché à la main qui joue, en tous cas c’est comme ça que fait Pierre Hamon, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo.

Pierre Hamon joue de plusieurs autres types de flûtes, par exemple le frestel, une flûte de Pan médiévale :



Il joue aussi de la flûte double, qui tire son origine lointaine de l'aulos des grecs (qui par contre était un instrument à anche)Pierre Hamon explique qu'il ne s'agit pas au Moyen Âge d'un instrument polyphonique à proprement parler, mais que la mélodie se déplace d'une flûte à l'autre. Vous pouvez l’entendre ici dans Ghaetta (*), une estampie (je ne développe pas sur les estampies qui feront l’objet d’un prochain article) :



Vous pouvez voir la flûte double sur cette vidéo, tournée justement à Cluny mais dont le son est cracra.

Le répertoire de Pierre Hamon comporte des chants séfarades, issus de la tradition musicale des juifs expulsés d'Espagne en 1492. Cette tradition est restée vivante jusqu'à nos jours, ce qui nous permet de l'entendre encore malgré l'absence de traces écrites. Ici la flûte est un bansurî (flûte traversière indienne classique). La pièce s’appelle Las Estrellas de Los Cielos (*).



Vous pouvez voir Pierre Hamon jouer du bansurî sur cette vidéo, toujours à Cluny. Il joue encore sur d’autres flûtes comme l’ocarina ou la kuisi femelle.



Les pièces marquées d’une (*) sont issues du cédé « Hypnos ».

mercredi 23 mai 2018

Les sirènes s'amusent

Vous a-t-on déjà reproché de ne pas avoir l'air de vous amuser en jouant de la flûte à bec ? Prenez-donc exemple sur les flûtistes déjantées du quatuor Sirena ! 

Un petit aperçu de leur répertoire :


Ce quatuor féminin suédo-danois a été fondé en 1993. Il est composé de Karina Agerbo, Marit Ernst Bock, Pia Brinch Jensen et Pia Loman.
Il interprète des pièces du répertoire ancien et contemporain, et se produit en Scandinavie, en Allemagne et au Royaume-Uni.



On peut trouver qu’elles en font des caisses, mais elles dégagent une belle énergie et leurs concerts sont certainement de vrais spectacles auxquels j'aimerais bien assister (et franchement, réussir à jouer en bougeant autant, bravo !)





lundi 21 mai 2018

Arvo Pärt

Je ne suis pas forcément fan de musique contemporaine, bien qu’appréciant certains compositeurs ou compositions qui me plaisent ou parfois m’amusent, soit à entendre soit à jouer, parfois les deux.
Mais un compositeur contemporain touche et émeut profondément quelque chose en moi : Arvo Pärt.

Je l’ai découvert il y a quelques années avec une pièce jouée en ensemble de quatre flûtes à bec SATB (*), Pari Intervallo, que je vous laisse écouter avant toute chose.


Sur cette toile de fond empreinte de sérénité et d’une sorte d’abandon, s’élève la voix de soprano comme une note d’espoir et de confiance venue de l’au-delà...

Cet enregistrement est extrait de l’album Spektren du quatuor Quartetto con Affetto, dont je vous reparlerai certainement car il figure au nombre de mes cédés préférés.


Arvo Pärt est né le 11 septembre 1935 à Paide, en Estonie. Il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste qui s'est formé à partir des années 1960.

Enfant, il suit des cours de musique après l'école et apprend les bases du piano et de la théorie musicale. À la maison, il ne dispose que d'un vieux piano à queue dont seuls les registres extrêmes peuvent être joués convenablement, ce qui le pousse à l'expérimentation et à inventer ses propres œuvres.

Il entre ensuite à l'École secondaire de musique, apprentissage interrompu au bout de quelques mois par le service militaire obligatoire au cours duquel il joue de la caisse claire et du hautbois dans la fanfare. Il retourne à l'École secondaire de musique de Tallinn où il assimile facilement toute idée nouvelle (dont le dodécaphonisme), particulièrement le peu de musique occidentale qu'il peut entendre. Il fait déjà preuve d'un talent évident et naturel pour la composition ; un de ses compagnons d'étude déclare même qu'il « semblait secouer sa manche et des notes en tombaient ».

Opéra national d'Estonie
(src: Philarmonie de Paris)
Il entre ensuite au conservatoire de Tallinn. Parallèlement, il occupe de 1958 à 1967 un emploi d'ingénieur du son à la radio estonienne.
En 1962, l'une de ses compositions écrite pour chœur d'enfants et orchestre, Notre jardin (1959), le fait connaître dans toute l'Union soviétique et lui permet de remporter le Premier Prix des jeunes compositeurs de l'URSS. À cette époque, il compose de la musique pour le théâtre, et reçoit également de nombreuses commandes de musiques de film. Quand il sort diplômé du conservatoire de Tallinn en 1963, sa carrière professionnelle de compositeur est déjà bien amorcée.

Après une période sérielle jusqu'en 1968, et une période transitoire (troisième symphonie), mais aussi de doute et de stérilité artistique, s'ouvre en 1976 une période inspirée par son étude du plain-chant grégorien et des compositeurs médiévaux français et flamands. Il appelle cette technique tintinnabuli et la définit ainsi :

Ici je suis seul avec le silence. J'ai découvert qu'il est suffisant quand une note simple est admirablement jouée. Cette note, ou un battement silencieux, ou un moment de silence, me soulagent. Je travaille avec très peu d'éléments - d'une seule voix, avec deux voix. Je construis avec les matériaux les plus primitifs - avec la triade, avec une tonalité spécifique. Les trois notes de la triade sont comme des cloches. Et c' est pourquoi je l'appelle tintinnabuli.

L'année suivante, il écrit dans ce nouveau style trois de ses pièces les plus importantes et reconnues : FratresCantus in Memoriam Benjamin Britten et Tabula rasa.


En 1980, accompagné de sa famille, il quitte son pays - il est en proie à la censure - pour Vienne, puis pour Berlin-Ouest. Il revient ensuite en Estonie et vit désormais à Tallinn.

La musique d’Arvo Pärt se caractérise par une écriture minimaliste, une musique épurée qui donne une impression de simplicité.
Le premier élément est l'utilisation de rythmes simples tels que « noire, blanche, noire, blanche » ou « blanche, noire, blanche, noire ». Le second élément est le fameux style tintinnabuli. Cette écriture s'inspire du son de la clochette, lorsqu'un instrument - quel qu'il soit - articule son jeu entre trois notes principales, celle de l'accord parfait d'une gamme. Cette simplicité se retrouve également dans l'utilisation de notes récurrentes et d'une certaine stabilité de la gamme. Arvo Pärt n'utilise pratiquement jamais de modulations.

Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l'esprit de l'auditeur - Arvo Pärt.


« Il y a dans la musique de Pärt une présence mystérieuse qui vient se déposer dans l’âme de celui qui écoute, une rencontre entre l’infiniment grand que ces nappes sonores étirées viennent symboliser et notre humanité marquée par la finitude que figurent ces notes qui se répètent dans des séquences toutes simples ». (François Huguenin)

(*) Soprano - Alto - Ténor - Basse

vendredi 18 mai 2018

Shakuhachi

Il y a quelques années, je reçus à travailler une partition pour flûte ténor appelée "Sankai Melody", sur laquelle était mentionnée : "This piece is to be played 'Shakuhachi' style.


Le shakuhachi est une flûte traditionnelle japonaise en bambou, venue de Chine aux environs du 6e siècle. Elle était utilisée comme simple instrument de musique jusqu'au 9e siècle, où elle fût retirée des orchestres suite à une réforme de la musique.
Le shakuhachi fut réintroduit au 13e siècle, cette fois comme instrument religieux, par l'ordre bouddhiste Fuke.

Le nom "shakuhachi" provient de la taille de l'instrument (1,8 pieds) : "shaku" vaut un pied japonais (soit 30,3 cm) et "hachi", huit dixièmes de pied, ce qui donne en tout environ 55 cm (10 cm de moins à peu près qu'une flûte ténor).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Shakuhachi

Le shakuhachi est taillé dans une tige de bambou dont l'intérieur est laqué, et présente 5 trous dont un à l'arrière. C'est un instrument pentatonique (= 5 notes), sans demi-tons.

L’embouchure du 
shakuhachi présente un bord biseauté, permettant au joueur de contrôler très finement la hauteur du son, en un mouvement d’abaissement ou de montée de l’instrument, par rapport à l’axe des lèvres.

Il existe plusieurs écoles pour le style de jeu.

J'ai écouté plusieurs vidéos, mais je trouve celle ci-dessous tellement belle que je n'ai pas envie d'en mettre d'autre...

fr.wikipedia.org/wiki/Komus%C5%8D

La musique est jouée par un Komusō  (moine mendiant et itinérant de l'école Fuke du bouddhisme zen, pendant la période d'Edo entre 1600 et 1868) (mais celui-là est sans doute beaucoup moins vieux).

Le 
Komusō était caractérisé par un panier de paille (en jonc ou en roseau, appelé tengai) porté sur la tête, manifestant l'absence d'ego spécifique en masquant son identité. On peut d'ailleurs traduire Komusō par "prêtre du non-être", ou "moine de la vacuité".



Je trouve très beau sur la vidéo le contraste entre la musique au premier plan et le vacarme de cette rue d'une grande ville, qu'on ne fait presque que deviner.

"Ma vie est apparue comme la rosée
Et disparaît comme la rosée"
Toyotomi Hideyoshi, 16e s.

Les Komusō étaient donc aussi connus pour leurs morceaux solo de shakuhachi. Ces pièces, appelées honkyoku ("pièces originales") étaient jouées pendant une pratique méditative appelée suizen, pour l'aumône, comme méthode pour atteindre l'illumination, et comme procédé de guérison.

Après la période Edo, le gouvernement japonais introduisit des réformes, abolissant la secte Fuke. Le répertoire musical a survécu, et a été rejoué au XXe siècle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shakuhachi


C'est évidemment très différent de souffler dans une flûte à bec "façon shakuhachi" et dans un vrai shakuhachi, en particulier, l'ouverture de ce dernier étant beaucoup plus large, j'imagine qu'il est plus difficile de diriger précisément le souffle 
(comme dans une bouteille de lait vide, qu'ils disent, euh, je fais jamais ça moi d'habitude ?!?)
Cependant le résultat est vraiment sympa et donne un style très oriental.



La deuxième vidéo est en anglais, vous n'êtes pas obligé(e)s de tout écouter, c'est seulement pour voir à quoi ressemble une partition pour shakuhachi (au Japon, la façon de noter la musique n'est pas unique comme chez nous, mais dépend de l'instrument).


La partition se lit de droite à gauche et de haut en bas. Les caractères indiquent les notes, mais aussi les respirations et les tempi.

mardi 15 mai 2018

Aux origines de cette folie

Je conçois que cela puisse commencer à ressembler à une obsession, mais il faut dire que le sujet est encore loin d'être épuisé (contrairement à une pitoyable flûtiste de ma connaissance). Et ne vous plaignez pas, j'aurais pu me passionner pour l'opéra contemporain.

Je vais donc aujourd'hui vous parler de Rodrigo Martinez. Lequel n'est pas un joueur de foot sud-américain (ou alors peut-être, le patronyme étant vraisemblablement plutôt répandu, mais à mon insu) (après vérification, Rodrigo Martinez est bien un footballeur urugayen, mais ce n'est pas de celui-là dont il est question dans cet article).
  
Comme je vous le disais ici, le thème de La Folia aurait fait son apparition au Portugal au XVe siècle. On en trouve mention pour la première fois dans divers documents portugais de la fin du XVe siècle, entre autres dans les pièces du créateur du théâtre de la Renaissance au Portugal, Gil Vicente, dans lesquelles elle est associée à des personnages populaires, bergers ou paysans en général, occupés à danser et à chanter avec énergie (d'où son nom de "Folia" qui signifie à la fois "amusement débridé" et "folie" en portugais). En outre, les chroniques portugaises de l'époque font constamment référence à des groupes de paysans priés de venir danser la Folia dans les châteaux de la haute noblesse à l'occasion de fêtes et d'évènements tels que mariages et naissances.

On en trouve une variante primitive dans la chanson de berger "Rodrigo Martinez", du Cancionero de Palacio, qui est un recueil de plus de quatre cents chansons espagnoles, datant des années 1474-1516 et qui représente une abondante source de ce qui s'entendait au début du XVIe siècle à la Cour des «Rois Catholiques» d'Espagne, Isabelle Ière de Castille et Ferdinand II d'Aragon.



J'ai failli vous dispenser de l'écoute de la version chantée, et puis finalement, non, y a pas de raison, tout le monde doit y avoir droit. Enjoy !


Rodrigo Martinez
les oies, hé !
pensant que c'étaient des vaches,
il les sifflait. Hé !

Rodrigo Martinez,
si beau garçon,
tes oisons,
le fleuve les emporte.
Ohé !
Pensant que c'étaient des vaches,
il les sifflait. Hé !

Rodrigo Martinez,
si vigoureux,
tes oisons,
le pré les emporte.
Ohé !
Pensant que c'étaient des vaches,
il les sifflait. Hé !

dimanche 13 mai 2018

Les flûtes de Léone

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Je vais aujourd'hui vous présenter ma petite troupe, qui au fil des années commence à ressembler à une famille nombreuse, même si quelques représentants brillent par leur absence mais mon budget n'est pas extensible.

Je vais vous les présenter dans l'ordre chronologique (approximatif, ma mémoire pouvant me jouer des tours) de leur arrivée dans mon foyer.

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Tout d'abord, à une année d'intervalle, Madame et Mademoiselle Alto et Soprano Yamaha

Madame Alto Yamaha YRA-312

Mademoiselle Soprano Yamaha YRS-312

Ce sont des flûtes en plastique imitation palissandre à la base, dont le corps est maintenant marron caca car la peinture est usée (on n'ira pas dire que je bosse pas). L'alto a tellement servi qu'elle est toute usée au niveau des joints et que je suis obligée de mettre un morceau de papier pour ne pas perdre le pied en jouant.
Ce sont franchement d'excellentes flûtes pour commencer, à moins de 30€. Je les utilise encore aujourd'hui quand j'ai la flemme de monter ou de chauffer une flûte en bois, ou quand j'ai juste 5 minutes devant moi.


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Deux ans après l'arrivée de Mademoiselle Soprano Yamaha, on me fit comprendre qu'il serait malséant de me présenter à mon examen de fin de premier cycle sans au moins une flûte en bois. Étant à cette période tout à fait désargentée, je fis l'acquisition sur un célèbre site de vente aux enchères d'une flûte d'occasion pour la modique somme de 70€, ce qu'elle valait largement : Madame Alto Moeck-Grospied.

C'est donc avec elle que j'ai passé (avec succès et beaucoup de stress) mon examen de fin de premier cycle. Je pense qu'elle est en érable, et c'est une flûte correcte au niveau du son, mais son inconvénient majeur est son pied qui est très lourd, ce qui est assez pénalisant pour les mouvements rapides, de plus son vernis est glissant ce qui n'aide pas (surtout quand on a les mains moites à cause du trac). Je ne l'utilise plus du tout mais elle m'a bien rendu service.



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C'est là que je commence à m'embrouiller un peu dans la chronologie, en tous cas les deux recrues suivantes furent Monsieur Ténor Yamaha et Miss Sopranino Yamaha.

Mr Ténor Yamaha YRT-304 et Miss Sopranino Yamaha YRN-302

Rien de spécial à en dire, si ce n'est que la qualité des flûtes plastique Yamaha est toujours au rendez-vous. J'utilise très peu la sopranino, plutôt en orchestre pour des parties vraiment spéciales où il faut être loin au-dessus des autres instruments. Je n'utilise plus tellement la ténor non plus, elle allait bien sur certaines pièces avec l'ensemble à vents de mon ancien conservatoire, mais dans le nouvel orchestre elle n'a plus sa place. Je ne joue malheureusement pas de musique de chambre pour le moment, et en solo j'avoue que j'ai plus envie d'utiliser mes flûtes en bois même si sa sonorité est vraiment agréable. Je n'ai pas de ténor en bois, ce n'est pas que l'envie m'en manque mais on commence à taper dans des prix déraisonnables pour l'usage que j'en ferais actuellement. Un jour, peut-être...

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La petite suivante n'est malheureusement plus parmi nous. C'était ma première soprano en bois, achetée encore une fois d'occasion pour une somme modique. Au bout de quelques années, elle n'était plus très juste.
J'ai fini par la faire réviser et elle m'est revenue vraiment excellente, mais entre temps je l'avais remplacée et comme je n'étais toujours pas super à l'aise financièrement, j'ai financé une partie de la nouvelle en la revendant à un camarade de conservatoire, ce que j'ai finalement un peu regretté.
C'était une Moeck Rottenburgh en buis. Il m'en reste tout de même une photo...


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Mme Alto Aesthé
dite "Choupiflûte"
Jusque là, toutes mes flûtes étaient de fabrication industrielle. Il fallait vraiment que je remplace Madame Alto Moeck-Grospied, mais le prix d'une vraie flûte de facteur était un peu too much pour moi (en général à partir de 1200€ pour une alto en buis). Heureusement, certains facteurs fabriquent des flûtes d'étude, dont le prix est à peu près divisé par deux par rapport à une flûte de concert. C'est ainsi que j'ai commandé chez Jean-Luc Boudreau au Québec une alto 440Hz de sa gamme Aesthé, qui sont des flûtes "semi-industrielles" mais dont les étapes cruciales de fabrication sont réalisées à la main. Après un échange de mails avec Jean-Luc Boudreau, je l'ai choisie en ostryer de Virginie, que je ne connaissais pas mais qui présentait l'avantage d'être un bois local pour lui et d'être assez dense et résistant à l'humidité. Il a en gros les mêmes caractéristiques que le buis, mais je le trouve beaucoup plus intéressant au niveau du grain du bois.
J'ai une flûte dont le bois n'est pas uniforme et qui présente de jolies différences de couleurs. Au niveau du son, elle est vraiment excellente, elle a un son très plein, elle monte bien dans les aigus et descend bien dans les graves. Je ne retenterais pas l'expérience de commander une flûte sans l'avoir essayée, mais je ne suis vraiment pas déçue. Je savais quand même qu'en cas de problème, je ne serais pas obligée de la renvoyer au Québec car en France, le facteur Henri Gohin révise les flûtes Aesthé.

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J'ai évoqué plus haut la remplaçante de Mademoiselle Soprano Moeck-Rottenburgh. C'est une flûte d'étude en palissandre de Marie Hulsens, que j'ai choisie et essayée sur son stand à la Festa del Joglar à Céret dans le Vallespir (Pyrénées-Orientales). Marie est installée à Gérone en Espagne et elle vient tous les ans à Céret ainsi que plusieurs autres facteurs d'instruments anciens.

Mademoiselle Soprano Palissandre-Hulsens

C'est une flûte avec un joli son clair. Elle s'est désaccordée la première année, mais je l'ai ramenée l'année suivante à Marie au salon et elle lui a fait sa petite révision gratuite de la première année. Cependant deux ans plus tard, elle n'est de nouveau plus très juste et j'ai déménagé donc c'est moins facile... je la lui renverrai sans doute l'un de ces jours pour une autre révision, payante cette fois.

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L'année suivante, je décidai d'investir dans une alto 415Hz, diapason adapté à la musique baroque mais qu'on ne peut jouer que seul ou avec des instruments anciens au même diapason. J'avais la chance dans mon conservatoire d'alors de pouvoir jouer accompagnée au clavecin (qui peut s'accorder en 440Hz ou 415Hz). Je demandai à Marie Hulsens d'en apporter plusieurs à la Festa del Joglar pour que je puisse les essayer.

Madame Alto Quatrecentquinze

C'était en fait la seule alto 415Hz qui cadrait avec mon budget, et par chance c'est celle qui me plaisait le plus, comme quoi le prix ne fait pas tout. Elle a un son incroyable, chaud, riche, profond. Elle est en buis teinté. Elle n'est pas très facile à jouer par contre car il faut vraiment la remplir (elle demande beaucoup de souffle).

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Allez, la petite dernière (pour l'instant).
J'ai eu de gros problèmes d'humidité dans mon nouveau logement cet hiver et Choupiflûte, que j'utilisais à l'orchestre, a mal séché. Elle était presque inutilisable et on ne m'entendait plus à l'orchestre. Lorsque j'ai démonté le bouchon (alors je sais que les facteurs recommandent de ne jamais le faire, sauf... Philippe Bolton qui nous avait montré comment procéder sans risque lors d'une master class au conservatoire), je me suis aperçue qu'elle avait complètement moisi. J'ai aussi trouvé une sorte de petit mouton de poussière qui la bouchait en partie et dont je me demande bien comment il avait fait pour se retrouver là alors que je ne la laisse jamais traîner. Du coup je l'ai bien nettoyée à l'alcool et ô miracle, j'ai retrouvé ma Choupiflûte égale à elle-même.

Entre temps cependant, j'avais cédé à une envie qui me trottait plus ou moins dans la tête depuis que j'avais essayé la flûte en résine de Vincent Bernolin. C'est une résine spéciale qui ne ressemble pas du tout à du plastique. Les flûtes sont moulées, mais elle sont ensuite finies à la main et le son est bluffant, de même que l'aspect pour celles qui sont en coloris "ébène" (les blanches par contre sont très moches, on dirait vraiment du plastique). Elle a tout à fait l'aspect d'une flûte en grenadille. L'avantage étant que contrairement à une flûte en bois, on peut en jouer jusqu'à épuisement, il suffit de l'essuyer de temps en temps.
J'ai donc commandé ma flûte en résine et elle est telle que dans mon souvenir, le son est très différent de celui de Choupiflûte. Je ne l'ai pas encore essayée à l'orchestre mais je pense qu'elle ira très bien, elle a le son bien net des flûtes en grenadille et on devrait bien l'entendre. Elle est super agréable à jouer même si on n'a pas le toucher du bois, ça n'a quand même rien à voir avec du plastique.

Madame Alto Bernolin-Résine

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Voilà, vous connaissez maintenant toute la famille. Prochaine acquisition envisagée : une soprano Renaissance, peut-être une Aesthé. Jean-Luc Boudreau vient tous les ans aux Journées de Musiques Anciennes de Vanves et j'en profiterai sûrement pour en essayer sur son stand.

Dans un avenir plus lointain, j'aimerais bien une ténor en bois, plutôt Renaissance également, et aussi une basse mais comme je n'ai pas envie d'une plastique, ça risque d'attendre un moment (eh oui, plus c'est gros, plus c'est cher...).


samedi 12 mai 2018

Musiques celtiques de l’époque baroque

Un beau matin de 2012, m’acquittant avec résignation de mes tâches ménagères en écoutant France Musique, j’entendis avec bonheur une émission consacrée à la sortie du cédé « For Ever Fortune » des Musiciens de Saint-Julien, « Scottish Music in the 18th Century ».

Je ne sais pas si j’ai des origines cachées parmi les peuples celtes, mais leur musique me prend aux tripes, j’ai pour elle une attirance viscérale et irraisonnée.  Autant dire que l’interaction entre musique traditionnelle écossaise et influences baroques ne pouvait que me séduire. Je me suis empressée de commander « For Ever Fortune » qui reste mon cédé préféré depuis six ans.

On peut en écouter quelques extraits sur le site des Musiciens de Saint-Julien.

Les flûtes jouées par François Lazarevitch sont plutôt des traversos, mais il y a aussi une flûte à bec en Sib (dite flûte de quarte).
La bonne surprise, c’est que les Musiciens de Saint-Julien ont eu l’incroyable bonne idée de publier le recueil complet des partitions des musiques du cédé. Le jour où j’ai découvert ce fabuleux trésor, mon bonheur a été total. Non seulement toutes les partitions, même celles où il n'y a normalement que des cordes, sont jouables à la flûte à bec (moyennant quelques octaviations de-ci de-là), mais du coup on peut jouer en même temps que le cédé (à condition d’avoir une flûte au diapason 415Hz, à l’alto donc pour moi). C’est l’extase.

Je me suis bien sûr amusée à jouer un peu tout, mais j’ai travaillé en particulier deux pièces avec ma prof de l’époque.

La première, « Moc Donogh’s Lamentation », est belle à pleurer (enfin dans la version des MSJ bien sûr). J’ai pu la jouer à l’alto (415Hz) lors d’une audition accompagnée au clavecin et j’en garde un souvenir ému. Je n’ai pas trouvé d’enregistrement complet à vous faire entendre, juste le début sur cette vidéo, vous êtes autorisés à fermer les yeux pour écouter :


Cette pièce est attribuée à Turlough O’Carolan (en irlandais : Toirdhealbhach Ó Cearbhalláin), 1670-1738, compositeur et harpiste itinérant pendant 50 ans malgré sa cécité acquise à 18 ans. O’Carolan a intégré dans ses compositions des éléments de musique baroque, inspiré en particulier par Vivaldi et Corelli. Le titre fait référence à Terence MacDonough, membre du parlement irlandais en 1689 (oui je sais on avait dit « scottish » mais il y a toujours des exceptions).

J’ai aussi travaillé celle-ci, à la soprano cette fois :


Il s’agit d’une chanson à boire sur un air ancien datant de 1625 environ.

Sur leur lancée, les Musiciens de Saint-Julien ont sorti en 2016 un cédé cette fois de musique irlandaise des 17 et 18e siècles, "The High Road to Kilkenny", qui est très très bien également. Malheureusement, pas trace de partitions pour le moment…

jeudi 10 mai 2018

Pourquoi la flûte à bec : les arguments (4)

4. Une flûte à bec, c’est beau

Mis à part les innovations dédiées au répertoire contemporain (encore qu’on puisse certainement jouer d’autres styles de musique avec) et sur lesquelles je reviendrai probablement dans un prochain article, les flûtes à bec sont des copies d’instruments anciens, en bois (généralement, mais il y a aussi eu des flûtes en ivoire – en morceaux d’éléphants morts, donc – et même si on remonte plus loin, en os ou je ne sais quoi d’autre).

Je ne parle donc pas ici des flûtes en plastique, qui ont leur intérêt et dont certaines ont même un joli son, mais bien des flûtes en bois. Le bois, non seulement c’est beau, mais c’est agréable au toucher et la sensation qu’on éprouve quand on souffle dedans est très… personnelle. Elle dépend vraiment du couple flûte/flûtiste. On m’objectera peut-être que c’est le cas pour d’autres instruments, mais la particularité de la flûte à bec tient aussi à son embouchure avec laquelle on a un contact franc et direct, contrairement aux instruments à anche double comme le hautbois, ou à ceux qu’on n’ « embouche » pas comme la flûte traversière ou la trompette. De plus le bec de la flûte à bec fait vraiment partie de l’instrument, c’est sa continuité, faite dans le même bois, il n’y a pas d’ « intermédiaire » entre le flûtiste et son instrument (sauf pour les "grands" instruments qui peuvent parfois avoir une embouchure sous forme de tuyau permettant quand même d'atteindre les trous).

Les flûtes à bec en bois actuelles sont donc inspirées d’instruments anciens conservés dans les musées et de l’iconographie disponible (on a retrouvé très peu de flûtes de la période médiévale par exemple). Les flûtes médiévales et renaissance ont une forme assez différente des flûtes baroques et leur sonorité n’est pas la même.

Pour voir et écouter des flûtes d’inspiration médiévale :
http://www.flute-a-bec.com/medieval.html

Pour voir et écouter des flûtes type Renaissance :
http://www.flute-a-bec.com/prebar.html








Pour voir et écouter des flûtes baroques :
http://www.flute-a-bec.com/baroque.html







Si vous voulez voir des vraies flûtes anciennes, il y en a une très belle collection à la Cité de la Musique à Paris. Il y a même parfois des petits « concerts » à l’intérieur même du musée (donc accessibles gratuitement avec le billet d’entrée au musée) joués sur certains instruments des collections. J’ai eu l’occasion d’écouter une de ces démonstrations (avec plein d’explications super intéressantes à l’appui) sur les flûtes colonnes (tiens, voilà encore un autre article à écrire).

Les flûtes colonnes de la Cité de la Musique à Paris


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